Französisch | Italienisch | Englisch | Andere | Alle Texte
| 11 | 06 |
| Autour du vide Yves Dreier Bâtiment des Communications sur le site de l'EPFL Luscher Architectes, Lausanne Situé à l'extrémité sud-ouest du campus de l'EPF à Lausanne, le Bâtiment des Communications BC parachève le parcours de la diagonale "Nord-Sud", deuxième étape de développement du site . Adossé et relié par deux cages d'escaliers aux bâtiments voisins de la Faculté d'Informatique, le volume est un ensemble dense s'articulant autour des vides extérieurs et intérieurs qu'il sculpte à sa convenance pour créer un nouveau pôle et asseoir un nouveau point de gravité dans le plan masse du campus universitaire. Depuis les abords du site, jadis consacré aux espaces de livraisons et à de vastes parkings en plein air, le bâtiment apparaît soit encaissé dans le terrain "naturel", soit posé "à plat", au même niveau que les deux bâtiments existants auxquels il s'appuie. Cette façon de traiter le relief permet de dégager une place - sorte de parvis aménagé aux proportions du bâtiment que le sculpteur Carles Valverde a délimité par "cinq stèles lumineuses" - devant l'entrée principale. D'aspect extérieur massif, dense, voir trapu suivant les perspectives, le BC paraît également neutre et sobre, impressionnant dans son manteau de verre et d'aluminium. En guise d'attique, l'étage-terrasse propose une toiture aérienne, à la fois chapeau de protection en lévitation et délimitation de l'horizon vers le ciel, qui donne une impression de légèreté en contraste avec le reste du volume. Façades multiples Le volume se compose de surfaces - les façades - qui possèdent chacune des caractéristiques intrinsèques, très intimement liées à leur orientation et leur implantation dans le site. Au nord, la façade principale s'affirme par un avant-toit rouge qui marque l'entrée du bâtiment et matérialise le passage entre l'extérieur et l'intérieur. A l'ouest, une double peau à vocation énergétique régule l'aération et ventile l'ensemble de la façade en captant avec ses déflecteurs les thermiques perpétuels venant du lac. Au sud, le niveau du rez-de-chaussée disparaît entièrement dans le saut de terrain. La face vitrée des étages rappelle son homologue du nord et est structurée par un quadrillage irrégulier sur lequel sont fixés des volets, réunissant en un élément les fonctions d'aération, de brise-soleil, de pare-pluie et d'anti-vol. A l'est, la quatrième élévation dirigée en direction des bâtiments existants s'approprie la cour qui réunit les corps des bâtiments entre eux et les centrent sur un espace extérieur réaménagé en lieu de détente également propice à l’enseignement en plein air. A ces quatre élévations s'ajoutent celles donnant sur l'atrium à l'intérieur du bâtiment. Entièrement vitrées, elles offrent un éclairage optimal de tous les locaux, créent un phénomène visuel de vis-à-vis habitant le vide central et jouent un rôle prépondérant dans le contrôle, par ventilation naturelle, du climat du BC. Révélé par le vide intérieur L’entrée principale se fait par un sas - une sorte de goulet compressé - entre la vaste place extérieure et l'espace vertical de l'atrium. Ensuite la légèreté de la structure de la verrière, l'apesanteur de la lumière et l'escalier en spirale ascensionnelle tirent le regard vers le haut, vers le ciel de lumière. Arrivé dans l'atrium - le cœur incontestable du volume par sa spatialité - la construction de l'espace vide en tant qu'élément typologique prend tout son sens et conditionne le bâtiment en plan et en coupe, présentant le luxe de renoncer à une surface d'environ 200 m2 par étage. Le Bâtiment des Communications de l'EPFL prône un mode d'enseignement basé sur le décloisonnement, la collaboration et la rencontre. L'organisation par strates des salles, bureaux et espaces de détente montre des moments de privacité très variés et un glissement progressif de l'espace communautaire vers les locaux privés. Au hasard de la fréquentation et de l'envie de chacun, le corridor de distribution et les espaces de travail fusionnent pour composer une spatialité en méandres irréguliers filtrant la lumière. L’organisation des espaces autour du vide de l'atrium permet de hiérarchiser et de modeler les relations et les atmosphères, mais aussi de contrôler l’exposition de chaque pièce aux nuisances sonores et visuelles. Hormis l’escalier central en ellipse, l'accès aux étages se fait par quatre noyaux d'escaliers, disposés légèrement en retrait dans les angles, et par une galerie en attique, véritable couronne de distribution autour du vide intérieur. Associée à la thématique de l'atrium, la galerie s'avère idéale pour rendre palpable le potentiel spatial et fonctionnel du vide en provoquant les déplacements en son pourtour et en reliant les deux pôles publics du hall central au rez-de-chaussée et de la cafétéria en attique Aus der Ausgabe 11-2006 |

